Echanges entre spect’acteurs
Qu’implique la multiplication des acteurs dans l’échange d’informations et de contenus ?
L’évolution des échanges d’informations et de contenus conduit immanquablement à une remise en question de leur production, de la définition des besoins jusqu’à l’exploitation et la gestion du dialogue engagé par la diffusion.
Un nouveau contexte d’émergence de la communication pour les acteurs individuels.
De nouveaux atouts :
Sur le web 2.0, chacun peut se produire, se représenter, tenter de maîtriser son image.
Chacun peut assembler sa propre sélection d’applications pour disposer de l’information qu’il juge la plus adaptée à ses besoins, ses envies ou ses convictions.
Chacun construit ainsi son propre accès à des contenus et informations presque illimités.
Les nouveaux médias de diffusion sont plus souvent des relais que des sources réelles. Ils évoluent et se multiplient à une vitesse étourdissante, leur mise à jour est instantanée et leur validité remise en cause perpétuellement. Tel est le nouveau média de réception, puissant, vivant, palpitant, mais aussi instable et chronophage.
Après réception de cette masse d’informations multimédia, nombre d’entre eux opèrent sélections et commentaires en vue d’alimenter leur diffusion personnelle via les réseaux sociaux, micro blogs, blogs et plateformes en tous genres. Ainsi vit le nouveau cycle perpétuel d’information et de communication.
L’évolution technologique entraine une croissance exponentielle du volume d’informations disponible, il permet aussi l’instantanéité de la diffusion, ce sont là les principales raisons de la fascination qu’elle suscite. Mais notre capacité d’attention, elle, ne connaît pas une telle augmentation. Il est même permis de penser qu’elle tend à diminuer. On parle d’« infobésité », d’une abondance pénalisante.
Des contreparties :
Pour ces acteurs individuels, il y a donc un tribu à payer en contrepartie de ces nouveaux moyens d’information et d’influence.
1- L’isolement paradoxal
En privilégiant le contenu généré ou relayé par les utilisateurs, on a tendance à ne sélectionner que l’information conforme à des critères de plus en plus précis et réducteurs, on se ferme ainsi à des confrontations productives avec une analyse plus mesurée et plus contradictoire des medias traditionnels ou de sources mieux identifiées, on se prive également des points de vues des autres bulles informationnelles.
Le risque de dérive d’une auto-édition narcissique est omniprésent, à l’instar des « private jokes » compris par une poignée d’initiés.
2- Le relativisme
Dans ce contexte, les critères de hiérarchisation des informations sont souvent biaisés, basés sur le seul succès, l’audience d’un site, le nombre de suiveurs d’un twit, le nombre de commentaires d’un post, l’absence de remise en cause d’un wiki…
Les critères de classements des moteurs de recherche ne sont pas non plus très pertinents puisqu’ ils fonctionnent par mots clés repérés par des robots et sur des critères trop quantitatifs.
C’est une évolution dangereuse parce qu’elle exclue des modes de sélection et de validation plus fiables comme le filtrage par une communauté d’experts clairement identifiés, ou encore le visa d’un comité de rédaction. La plupart du temps on a une perception approximative de la pluralité des opinions, mais on ne dispose pas d’outils de hiérarchisation efficaces.
Ce succès qui est au centre de notre sélection d’informations obéit à des règles non identifiées. Il est très imprévisible et irrégulier. L’émetteur d’un écrit ou d’une vidéo à grand succès peut rester inconnu et son succès peut être isolé et surtout rester sans justification.
Dans cet environnement de communication, l’émergence de l’information saillante ou du contenu pertinent, est souvent compromise, ou du moins difficile.
On l’aura compris, ces nouveaux usages transforment structurellement les médias classiques. Dans ce magma d’informations, où la vraie communication se fait plus rare qu’il n’y parait, il faut distinguer cinq typologies de contenus en circulation :
- Divertissement : fiction, évasion ou expérience.
Il faut y ajouter trois typologies d’informations afin de comprendre la variété des besoins :
- Information-nouvelle : liée historiquement à la presse et à la politique, c’est l’actualité qui nourrit les newsletters de tous les secteurs.
- Information-service : en pleine expansion mondiale, mise à disposition de contenu pratique ou transmission de savoir-faire plus élaboré.
- Information-connaissance : liée à l’essor des banques et bases de données.
Enfin, on peut également observer une typologie qui traverse toutes les catégories précitées et renvoie à l’enjeu humain de la communication :
- Contenu-relationnel : qui est l’objet de toutes les convoitises.
Dans cet univers d’échange encombré, pour être entendu et crédible, il faut s’identifier clairement, donner l’assurance de sa rigueur et du bien fondé de ses prises de parole, quelle que soit leur forme ou leur support.
Ce sont ces qualités distinctives que nous devons défendre.
Sacha Roger, Chef de projet chez Master Image Programmes
